Marques de luxe : quel pays les achète le plus ?

1 400 milliards d’euros. Ce chiffre colossal ne sort pas d’un roman de science-fiction, mais bien du dernier rapport de Bain & Company sur le marché mondial du luxe. La Chine continentale, désormais responsable d’un quart des achats de produits de prestige, a bouleversé la hiérarchie : elle distance l’Europe et les États-Unis sans hésiter.

Dans ce contexte, certains pays pourtant réputés pour leur passion du luxe connaissent un ralentissement, quand d’autres affichent une croissance insolente. Les griffes françaises et italiennes gardent la main, mais la carte des acheteurs ne cesse de se redessiner. Les dynamiques économiques, culturelles, l’appétit de nouveauté : tout concourt à faire évoluer les rapports de force.

Les grandes tendances du marché mondial du luxe

Paris incarne toujours l’élégance à la française. La France domine, portée par ses grandes maisons et une Paris Fashion Week qui façonne le tempo de la mode internationale. Pourtant, l’équilibre du secteur bascule doucement vers l’Est. La Chine, propulsée par une classe moyenne en pleine ascension et des plateformes comme Tmall Luxury Pavilion, s’impose en leader du marché du luxe mondial.

En profondeur, la digitalisation et la recherche de sens bousculent les codes. Investissements dans la personnalisation, transparence accrue, innovations à tous les étages : les maisons se réinventent pour séduire une clientèle qui ne veut plus seulement acheter un produit, mais adhérer à une identité, une histoire, une expérience unique. En 2022, les ventes en ligne de mode de luxe ont bondi de 27 %. Les clients, eux, exigent plus : immersion, exclusivité, émotion.

Pour mieux saisir la diversité du secteur, voici les grands pôles qui structurent aujourd’hui le marché du luxe :

  • Italie : Un rival de poids, qui exporte son savoir-faire et rivalise avec la France grâce à Milan et ses griffes emblématiques.
  • Suisse : L’horlogerie et la joaillerie y atteignent des sommets de raffinement et d’exclusivité.
  • États-Unis : Place au lifestyle, à la beauté et aux accessoires, qui séduisent une clientèle avide de nouveautés et d’expériences.
  • Japon et Corée du Sud : Des marchés de référence, à la croisée de la tradition et d’un appétit assumé pour la nouveauté.

La seconde main s’impose dans le paysage. Sur Vinted, Hermès, Dior ou Prada s’arrachent. L’écosystème numérique et la mobilité des consommateurs accélèrent la mondialisation du marché du luxe. La croissance se poursuit à rythme élevé, mais les codes évoluent : place à l’agilité, à l’audace, à l’expérience.

Quelles marques de luxe dominent aujourd’hui la scène internationale ?

Louis Vuitton, Chanel, Hermès : la France continue de régner sur la planète luxe. Ces maisons, orchestrées par les groupes LVMH et Kering, imposent leurs codes, des sacs monogrammés aux flacons iconiques. Saison après saison, la Paris Fashion Week affirme leur mainmise sur les tendances mondiales.

L’Italie répond avec panache. Gucci, Prada, Fendi : créativité, cuir, allure. Milan imprime sa marque bien au-delà du prêt-à-porter. Dolce & Gabbana, Miu Miu, Versace : autant de signatures qui s’affichent dans les dressings les plus courus de Shanghai à Los Angeles.

Côté seconde main, la hiérarchie reste stable. Sur Vinted, Hermès, Dior, Prada et Saint Laurent caracolent en tête, prouvant que la désirabilité ne s’essouffle pas, même dans le vintage.

La Suisse, elle, cultive ses bastions : Rolex, Cartier, Van Cleef & Arpels. L’horlogerie et la joaillerie y conservent un prestige mondial, recherchés sur tous les continents. Les États-Unis préfèrent miser sur le lifestyle et la beauté : Estée Lauder, Ralph Lauren, Coach s’adressent à une clientèle attachée à l’expérience et à l’image de marque.

À l’échelle globale, le leadership reste le privilège des maisons capables de marier héritage, innovation et désir. Les groupes LVMH, Kering et Richemont fédèrent les marques qui concentrent l’essentiel de la consommation internationale.

Pays acheteurs : qui sont les leaders et quelles sont leurs préférences ?

La Chine occupe la première place parmi les acheteurs de produits de luxe. L’essor de la classe moyenne, l’attrait pour les griffes occidentales et une digitalisation fulgurante du commerce expliquent ce leadership. Sur Tmall Luxury Pavilion, les consommateurs chinois recherchent l’exclusivité, les nouveautés, et n’hésitent pas à acheter à l’étranger pour profiter de tarifs plus attractifs. Les touristes chinois font tourner les boutiques de Paris et Milan à plein régime. Le phénomène daigou , ces intermédiaires qui ramènent sacs et montres pour des clients restés en Chine , continue de peser : en 2014, ce circuit représentait déjà 38 % des ventes de luxe sur le marché chinois.

La France vit un paradoxe. Première en matière de création, mais aussi leader sur la revente de luxe d’occasion, notamment via Vinted. Les Français restent fidèles à Hermès ou Chanel, mais n’hésitent pas à mixer pièces neuves et vintage, preuve d’une relation complexe, à la fois patrimoniale et pragmatique, à leurs marques favorites.

Aux États-Unis, la progression se joue sur le segment lifestyle : beauté, accessoires, expériences personnalisées. La clientèle américaine, connectée, privilégie l’achat plaisir, souvent en ligne, sans complexe face au luxe.

Le Royaume-Uni se démarque d’une autre manière : selon une étude Deloitte, c’est là que les articles de luxe sont proposés aux prix les plus bas. Entre taxes, taux de change et stratégies commerciales, le pays attire une clientèle internationale à la recherche de bonnes affaires.

Pays Spécificités
Chine Classe moyenne croissante, achats à l’étranger, digitalisation
France Capitale créative, forte activité sur la seconde main
États-Unis Lifestyle, beauté, expériences, digital natif
Royaume-Uni Prix attractifs, puissance du retail international

Homme d affaires regardant montre dans magasin haut de gamme

Ce que révèlent les évolutions récentes sur l’avenir de la consommation de luxe

L’industrie du luxe encaisse les secousses et avance, sans faiblir. La digitalisation transforme les habitudes : en 2022, les ventes en ligne de produits de luxe ont encore progressé de 27 %. Les grandes maisons, autrefois concentrées sur l’exclusivité de leurs salons, investissent aujourd’hui dans l’expérience mobile, la personnalisation et la transparence sur la fabrication.

La recherche de durabilité prend de l’ampleur. Les jeunes consommateurs, hyper-connectés, veulent des preuves d’engagement éthique. Les plateformes de seconde main, à l’image de Vinted, deviennent le théâtre d’une nouvelle relation au produit. Hermès, Dior, Prada dans le top des ventes : la notion de valeur refuge rejoint celle de circularité. L’authenticité, garantie par des dispositifs dédiés, rassure et stimule l’engouement pour la revente.

Sur le front de l’innovation, les maisons de luxe misent sur l’expérience immersive. Personnalisation avancée, événements digitaux, collaborations inédites : il s’agit de fidéliser une clientèle mobile, curieuse, qui oscille entre Paris, Shanghai et New York.

Voici les grandes évolutions qui dessinent le futur du secteur :

  • Explosion des ventes en ligne et percée spectaculaire du e-commerce
  • Montée en puissance de la seconde main et de l’exigence de durabilité
  • Expérience client et personnalisation devenues incontournables

Les réseaux sociaux, Instagram en tête, dictent le tempo des collections. La viralité, la réactivité à la Fashion Week de Paris, le pouvoir de TikTok : la conversation se mondialise. Le luxe trace sa route, tiraillé entre héritage et révolution numérique. La prochaine page ? Elle s’écrit déjà sous nos yeux.